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et je suis ce que je suis PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Ajnata   
Dimanche, 06 Juin 2010 12:56

Suite de l'article précédent...

Car, si je suis ce que je ne suis pas, je suis également ce que je suis.

(ne croyez-pas qu'il s'agisse de futiles jeux de mots, ce sont des jeux, mais des jeux divins...)

En fait, je voulais parler au départ de "valeurs et modèles". Mais comme le fil de l'idée va où il veut, comme je l'explique dans "Qui parle", il a voulu que je la formule sous sa forme extrême, "je suis ce que je suis, et je suis ce que je ne suis pas".

On le sait maintenant, toute recherche de conformité à un idéal, toute imitation d'un modèle, l'adoption de "valeurs", qui sont automatiquement des "bonnes" valeurs (car le but est de se valoriser, se gratifier, augmenter son image de soi), tout cela ne nous fait en rien avancer sur le chemin de notre éveil mais nous fait sortir de nous-mêmes, parce que nous focalisons alors notre attention sur une chose extérieure, un "objet".

 

Ce peut être un objet spirituel, mais c'est un objet. En psycho on parle de "représentation" : comment l'on se représente cognitivement quelque chose (afin de pouvoir le traiter dans les mécanismes du raisonnement). Cette représentation n'a rien à voir avec la chose de départ, elle en est un symbole, la carte n'est pas le territoire, elle est un "pointeur" vers cette chose, elle la désigne ou la nomme, elle ne l'est pas.

La chose en question est du domaine de la conscience, de l'être, du Je suis, et cela ne peut être approché que par l'identification par l'intérieur, devenir la chose dont on parle.

Dès qu'il est question de valeurs, de modèles, de bon ou de mauvais, de moyen ou d'indifférent, c'est qu'il y a jugement, et dès qu'il y a jugement, on sort du vécu de la chose pour devenir observateur de la chose. De plus, un observateur qui définit, qui nomme, qui catégorise - car il existe aussi un observateur qui ne fait qu'observer, qui contemple, et celui-ci est bien plus intéressant, mais ce n'est pas de lui dont on parle ici.

C'est un processus normal et nécessaire pour tous les actes de la vie courante. C'est le processus habituel du mental. On en a besoin, gardons-le.

Cependant ce n'est pas celui qui nous permet d'Etre, d'atteindre la place centrale de conscience en nous. Cette conscience-là, elle ne peut être atteinte que par les approches de la méditation (ou de la communion, tout ceci dans diverses formes...).

Vouloir évoluer, vouloir s'éveiller, automatiquement crée un modèle, celui de l'être éveillé ou évolué, vers lequel on tend, que l'on cherche à devenir ; et il est placé à l'extérieur, il n'est pas nous, nous le voyons et nous voyons ce qui nous en sépare - ou ce qui nous en rapproche, mais il n'y a pas coïncidence, nous en sommes différents.

Aujourd'hui encore, où la conscience vient de nous englober en elle de plus en plus intégralement et en nombre, où nous avons déjà activé et intégré une grande part de notre réelle dimension divine, le vécu de nos démarches quotidiennes joue sans cesse à nous renvoyer dans ce jeu par lequel nous sortons de l'Etre, nous sortons de nous-mêmes pour tenter de créer un clone spirituel que nous pourrions habiter.

D'une part.

Nous ne ferons rien en tentant de faire ce qu'il faut. Nous ne ferons rien en appliquant les bons conseils de nos maîtres spirituels ni de nos chapelles personnelles. Ni en cherchant à progresser, à faire ceci, à faire cela, à activer tel chakra ou recevoir telle initiation.

Tout cela ne fait que nous éloigner de nous-mêmes. Ça ne veut pas dire que ce n'est pas bon, et qu'il est déconseillé d'utiliser ces outils ; mais ils ne suffisent pas, et même, je le crois, ils vont à l'encontre de notre éveil, dans la mesure où leur application peut entraîner cet effet de créer l'illusion que nous sommes sur le chemin. Leur application, ce que nous en faisons, non ce qu'ils sont par eux-mêmes.

Et hélas, la plupart du temps, nous nous noyons dans ces apparences, dans ces "faire", dans ces outils, et comme nous apprenons à les maîtriser, nous voyons une progression, et nous croyons nous rapprocher de l'être en nous. Mais ça ne marche pas, car cette progression se passe à l'extérieur, dans l'action, le faire, la pensée, et l'être n'est pas là.

Il est à un autre endroit, où nous n'allons pas par ces méthodes, si puissantes qu'elles soient, à partir du moment où nous les considérons comme des moyens pour devenir ce que nous ne sommes pas, maintenant.

Il est dans l'endroit où l'on cesse d'objectiver, d'observer,

Il est dans l'endroit où il y a aussi "ce que je ne suis pas".

A suivre encore...

 

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